BD Mag - N°3 octobre/novembre 2004


Olivier Grenson a un style bien à lui. Un mot définit l’homme et son dessin : élégance. Servi par un dossier chic, le scénario choc de Magie Noire, sixième Niklos Koda, confirme la réussite de l’atypique série d’espionnage qu’il signe avec Jean Dufaux.

 

Mais qui est donc Niklos Koda ?

C’est un personnage assez particulier. Il travaille pour un réseau parallèle aux services secrets français, et mène des enquêtes spéciales qui souvent touchent à l’ésotérisme.

On l’appelle dans des missions où il doit négocier avec des femmes, son côté séducteur lui permettant de découvrir des secrets d’état.

 

Il est également doté d’autres qualités …

En effet, il est un peu magicien, cela lui permet d’être très réceptif à tout ce qui est paranormal. A priori, du fait de son aspect séducteur, on pourrait croire qu’il est proche de James Bond. Mais aujourd’hui, l’actualité nous montre que les rapports entre les nations ont énormément changé. Nous avons affaire à des guerres psychologiques et idéologiques. Koda évolue dans ce nouvel échiquier international.

 

Comment avez-vous créé ce personnage avec Jean Dufaux ?

Nous souhaitions réaliser un récit contemporain. En cernant de façon suggestive les pistes que nous avions envie de développer, Koda s’est construit, même s’il n’a jamais été typé dès le départ. Nous nous sommes laissés la possibilité de le découvrir au fur et à mesure … Notre personnage évolue à travers nos échanges. Avec Jena, nous avons tenté sortir des sentiers battus : ce n’était pas évident de trouver un consensus, d’imaginer un personnage qui nous resemble tout en créant un univers original. Là est notre plaisir d’auteurs.

 

Le nouvel album, Magie Noire, nous permet de mieux connaître Koda …

Nous commençons à récolter ce que nous avons semé pendant les tomes précédents où nous avons essayé de créer un récit d’espionnage en prise avec l’actualité tout en développant sa personnalité. Comme il s’agit d’une série, nous avons tenu à ne pas tout dire dès les premiers albums. Il nous fallait trouver un rythme : ici réside une force de Jean. Il lui fallait travailler sur la longueur. Son récit est fait d’apparences, de magies, de faux-semblants, de jeux de masques … des thèmes qui lui sont chers. J’y vois une belle métaphore de la séduction. Derrière ce jeu de la manipulation se cache un Koda plus fragile qui dévoile peu à peu ses failles et ses faiblesses. Pour y arriver, il nous fallait l’inscrire dans un certain contexte. Ca ne se fait pas en 46 pages.

 

Savez-vous que Jean Dufaux définit votre style comme « fluide et ludique » ?

C’est un beau compliment ! Fluide me fait penser à souplesse, mais je ne trouve pas encore mon dessin assez souple. Ludique ? Je ne vois pas à quoi il pense. Je sais qu’il trouve mon dessin plaisant. C’est peut-être cela … Elégant est le mot qui revient le plus souvent quand on parle de mon dessin. Cela me fait très plaisir car c’est un aspect que je travaille. Les auteurs que j’admire, des dessinateurs comme Vicomte, Giardino ou Butch Buice, ont cette élégance, cette finesse.

 

Quel est l’avenir de Niklos Koda ?

Nous évoquons déjà l’après Magie Blanche, la seconde partie de Magie Noire. Maintenant que les bases sont installées, la série comptera au moins dix albums.


 Propos recueillis par Brieg Haslé


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