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Tome 6 |
Les
chroniques de BD Gest'
Niklos Koda
« Magie Noire »
Par
Ar sparfel
le 14/10/2004
Un auteur tel
que Jean Dufaux peut-il encore nous surprendre ? Le
prolifique scénariste de séries aussi diverses et variées
que La Complainte des Landes Perdues, Muréna, Jessica Blandy
ou encore Rapaces a-t-il suffisamment d’idées pour éviter
les ressemblances entre les différents univers qu’il a créés
? Ce nouvel album de Niklos Koda suffit amplement à nous
rassurer. Il renoue avec ce qui a sans doute lancé la série
: un savant mélange d’espionnage et de magie. Cette dernière
est bien éloignée des fées, mages et autres personnages d’héroic-fantasy,
elle plonge ici au cœur de la manipulation des esprits et du
paranormal.
Par cet album, Dufaux nous invite à suivre une nouvelle fois
cet espion agissant sur commande du Bureau, une organisation
de l’ombre œuvrant lorsque la diplomatie ne peut plus
intervenir. La nouvelle menace à laquelle Niklos Koda va
devoir faire face est un magicien capable de transformer de
simples citoyens en meurtriers. Cette mission va l’entraîner
sur les traces de son enfance, et de certaines douleurs
enfouies.
Petit à petit, cette série gagne en profondeur. Les
scénarios se succèdent et le personnage principal s’étoffe
et perd peu à peu ce côté playboy agaçant qui lui donnait un
air superficiel. Après avoir constaté dans les tomes
précédents que Niklos Koda avait une fille et des liaisons
sentimentales, lui donnant ainsi plus de corps, nous
découvrons ici une petite partie de son mystérieux passé. Il
ne s’agit pas de tout savoir en une seule fois, mais cette
judicieuse distillation des informations entretient
parfaitement les zones d’ombres planant autour de ce héros,
et ce pour notre plus grand plaisir. Dufaux est un grand
scénariste, et il manie très bien les ficelles du suspense
pour maintenir l’intérêt de ses lecteurs.
Olivier Grenson nous gratifie d’un dessin très abouti,
l’évolution depuis Cartland Cross est nettement perceptible,
et notamment dans le choix des visages. Les traits féminins
sont d’une grande finesse et les expressions rendues par les
personnages des deux sexes sont parfaitement réussies. Les
décors sont saisissants de réalisme, particulièrement la
présentation du Caire, ville chargée d'histoire où la
modernité croissante côtoie l'insalubrité.
Vous l’avez compris, ce nouvel album est une réussite et
installe parfaitement la série au sein de la collection «
Troisième Vague » du Lombard. Là où des récits comme Vlad
peinent à nous surprendre dans la durée, Niklos Koda se
renouvelle et s’enrichit à chaque nouveau tome.
http://www.bdgest.com
Je viens
de lire ...

Magie Noire,
Niklos Koda tome 6, Dufaux et Grenson, Le Lombard Collection
Troisième Vague.
Avec Niklos Koda, le très prolifique Jean Dufaux joue un peu
sur la même corde que pour Jessica Blandy. Savant mélange de
polar diplomatique et de magie noire, les aventures de Koda
oscillent au gré des albums entre le réalisme d'une enquête
et les arcannes de la magie avec une bonne dose de
fantastique. Dans ce sixième tome, on est franchement dans
le second registre. Mais à force de jongler avec les
non-dits, les allusions et les ellipses, Dufaux, pourtant
passé maître dans ces exercices en général, y perd un peu
son lecteur. Ou c'est le lecteur qui s'y perd, ce qui
revient sensiblement au même. On referme l'album avec une
sorte de goût de trop peu en se gratouillant le haut de
crâne avec perplexité, en attendant la seconde partie de ce
dyptique qui donnera sans doute les clés de l'intrigue.
Reste le dessin de Grenson, qui n'est jamais aussi bon que
lorsqu'il dessine finement des portraits en gros plans. Avec
un sens aigu des détails et des lumières dans ces décors,
notamment cairotes. Grenson continue à améliorer ses dessins
dont la finesse et l'élégance donnent une couleur
particulière à la série. Mais aussi parfois une certaine
froideur.
Je
viens de lire, de Laurent Fabri.
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