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Olivier Grenson,
bonjour,
Pouvez-vous nous raconter votre relation au dessin quand vous étiez petit? Faisiez-vous déjà de la BD?
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J'ai toujours dessiné, ma mère est peintre
et m'encourageait quand j'étais petit, mais très vite ma passion
débordante a pris le dessus. Vers 7-8 ans, je me suis rendu compte que
j'étais différent des autres car je dessinais tout le temps. A cet âge,
je réalisais de véritables mises en scène avec des soldats, en racontant
des histoires stratégiques d'attaques et de défenses des "tuniques
bleues et indiens.
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Ensuite vous grandissez, est-ce que vous prenez des cours? Est-ce que vous cherchez à avoir une formation dans le dessin ou dans ce mode de narration que vous pratiquez ?
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Pour mon entourage, il
était évident que je ne voulais plus devenir joueur de foot mais
dessinateur de BD! Mon grand-père connaissait des gens de l'imprimerie
Spirou à Marcinelle, j'ai alors pris connaissance d'un cours de BD donné
par le coloriste de l'époque attitré aux Editions Dupuis, Vittorio
Léonardo. J'y apprends les rudiments du métier pendant 4 -5 ans... Mais surtout, je rencontre des gosses de mon âge qui partagent la même passion et plus fort encore, je me rends compte que je ne suis pas le meilleur, ce qui me donne un fameux coup de pied au cul... 'y a pas de miracle, c'est comme ça qu'on progresse! Mes parents m'obligent toutefois à terminer mes humanités classiques jusqu'à la Rhéto (le bac) - (science-math) - avec la possibilité de faire après ce que je veux. Je "monte" à Bruxelles pour y suivre le cours de BD à St Luc mais finalement je me retrouve dans une école très différente : l'ERG (l'école de recherche graphique) ce qui me donnera une vision plus large des arts en général, une ouverture d'esprit, une réflexion, une autocritique plus pertinente et surtout moins traditionaliste... (ma culture à l'époque, en sortant d'humanité était très limitée)... Cette école, non spécialisée dans la BD, m'a permis de travailler d'autres médiums, d'autres outils notamment le super 8 et l'animation. Cela dit, la BD restait une idée fixe et je suivais parallèlement le cours du soir donné par Eddy Paape, le créateur de l'atelier BD de St Luc. |
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Cet atelier me permettait d'être en contact (de nouveau) avec de futurs professionnels comme Wurm, Dugommier, Denis Bodart, Marc Lumer...
C'est Eddy Paape qui m'encourage à présenter mes premières planches au Lombard pour le journal TINTIN. C'est Claude Renard (rencontré lors de l'une ou l'autre entrevue) qui m'encourage à laisser tomber le dessin humoristique pour un dessin réaliste. C'est l'enseignement de l'ERG qui m'aide à évacuer le traditionalisme de la BD - Spirou -Tintin - et à mettre en avant ma personnalité.
Comment avez-vous
vécu le passage dans ce cours, comment avez-vous vécu ces années? Qu'est
ce que vous en avez retiré ?
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Revenons à
l'enseignement, quel a été pour vous le rôle de vos profs ?
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Quand avez-vous eut dans l'idée d'enseigner? Comment cela s'est -il passé? C'était une vocation, une opportunité ?
J'avais déjà eu l'occasion de donner des
cours lors de stages lorsque j'étais ado. C'était peut-être une
vocation. Mais l'envie de faire de la BD était plus forte, donc je ne
voulais pas enseigner. Cependant, le directeur de l'ERG m'a proposé de
reprendre un cours de dessin un an après ma sortie... l'idée de
continuer à être confronté avec cet esprit de recherche
pluridisciplinaire, cette pédagogie propre à l'ERG m'emballait vraiment.
C'était la possibilité de rester en contact avec une constante remise en
question et une interrogation sur l'évolution de mon travail par
l'entremise des étudiants. C'était un nouveau défi. A l'époque, en
arrivant à l'ERG comme étudiant, j'étais nulle part... |
| Est-ce que vous pouvez résumer en quelques mots l'option pédagogique, la "philosophie", bref plus simplement dit, comment vous abordez cet enseignement ? |
| L'ERG est une
école pluridisciplinaire basée sur un esprit de recherche (en deux
mots). La philosophie de l'école est plus de former des "auteurs" que
des techniciens formés pour un marché ciblé, de donner aux étudiants la
possibilité de développer une personnalité en fonction d'un médium
choisi. Les étudiants de mon cours de dessin peuvent être dessinateur de BD, vidéastes, photographe, etc... C'est une école artistique supérieure de type long (4 années après le bac) où chaque étudiant est amené au fur et à mesure des années à développer un projet personnel en fonction des cours choisis. Je considère mon cours de dessin comme un laboratoire. Le travail qu'ils y effectuent les amène aussi bien à évoluer, découvrir des techniques, apprendre à éduquer leur regard (c'est l'éducation du "voir") qu'à aller jusqu'au bout d'eux-mêmes, apprendre à se connaître, se découvrir... Le dessin est un travail de l'esprit mais aussi un travail physique, le corps y joue un rôle important. |
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Vos interventions sur les travaux des étudiants, sont-ils plutôt dirigés, concrets, pragmatiques, plutôt ouverts, volontairement vagues, et dans ce cas, pensez-vous que c'est à l'étudiant de trouver ce qui ne va pas et comment s'améliorer ?
Les interventions sont très variables bien
sûr en fonction de :
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En dessin, faites-vous souvent références
à des artistes du passé? À des artistes contemporains ? |
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Les critiques et les conseils sont d'abord ceux que je me fais sur mon travail quotidien. Dès lors, je leur montre de temps en temps des dessins, découpages, recherches, etc... C'est une manière de connaître une méthode de travail en fonction d'une collaboration éditoriale. Je leur explique ma méthode de travail, je leur donne des clés, à eux de trouver la leur.
Vu la diversité artistique qui est présente
en général dans les écoles, comment gérer-vous ces styles nouveaux qui
cherchent à s'affirmer? leurs différences de style par rapport au vôtre?
Que pouvez-vous dire à un étudiant qui développe un style aux antipodes
du vôtre? |
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Concrètement, dans
votre école, les étudiants travaillent tous sur des histoires ou des
sujets communs, ou pas du tout? comment ça se passe?
Avez-vous des
"Maîtres en pédagogie", comme on a des "Maîtres" en dessin ?
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| Enfin la
question rituelle lorsqu'on a un auteur en face de soi, quand sort votre
prochain album? Le KODA 4 "Valses maudites" sera bouclé fin juillet, coûte que coûte! Sa sortie est prévue en novembre. Merci Olivier pour votre patience et votre disponibilité! Merci Joseph. Bravo pour le site (mes étudiants le visitent!) A bientôt. Enfin, pour finir en beauté, le superbe site web d'Olivier GRENSON: (un nom simple à retenir: oliviergrenson.com) > ici Interview réalisée
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